Ruptures

La photographie capte des souvenirs, des traces d’histoires, des lieux et des visages. Les tirages photographiques suivent des règles de conservation, protection pour garder en mémoire ces représentations dans le temps.

La démarche ici est inverse. Parfois une image rappelle des séparations et des moments passés. La transgression effectuée dans cette série tend à les effacer.

Les photographies choisies, telles des traces de ruptures, sont soumises aux brûlures et impacts chimiques de la soude et de la javel. Il s’agit alors de désobéir au tirage si souvent sacralisé, précieux.

De manière inattendue, les photographies initiales deviennent toutes autres. Dans un rapport au temps où chaque image nécessite un temps de séchage de 24 à 48h, elles deviennent abstraites et esthétiques, parfois picturales par les cristaux de soude, mélange de pigments, affaiblissement des couleurs et craquelures des brûlures. Les visages ne sont plus reconnus, le souvenir est effacé pour finalement tenter de construire une autre histoire.